dimanche 19 février 2012

Rose+Croix V

Emile Bernard participe aussi à l'exposition de 1892. 
Emile Bernard est né à Lille en 1868. Sa famille déménage pour Paris lorsqu'il a 10 ans. En 1884, il rentre à l'Atelier Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901). 


Henri de Toulouse-Lautrec. Portrait d'Emile Bernard. Huile sur toile, 1886.


En 1886, Bernard est viré de chez Cormon et il se met à voyager à pied, notamment en Bretagne. Il rencontre Emile Schuffenecker (1851-1934).
Schuffenecker est un peintre d'origine alsacienne, dont l'œuvre est assez peu connue et assez limitée en quantité. 


Emile Schuffenecker. Autoportrait. Pastel, 1889.


Emile Schuffencker. Fleurs et fruits
Huile sur toile, 1880.


Emile Schuffenecker. Au parc du Luxembourg
Huile sur toile, 1887.


Emile Schuffenecker. Travailleurs aux champs
Huile sur toile, 1890.


Emile Schuffenecker. Paysage breton
Huile sur toile, 1893.


Comme on le voit, Schuffenecker était un peintre de bonne qualité mais certainement pas d'une grande originalité. Etait-ce pour cette raison qu'on l'a soupçonné d'avoir fabriqué de faux van Gogh ?
Schuffenecker procure à Bernard une lettre d'introduction auprès de Paul Gauguin. Cependant, Emile Bernard ne rencontrera que peu Gauguin lors de son premier séjour à Pont-Aven.
De retour à Paris, il rencontre van Gogh. L'année suivante, Emile Bernard retourne à Pont-Aven alors que Gauguin est en Martinique. Il peint alors ses premières toiles personnelles.


La mère de l'artiste. Huile sur toile, 1887.


C'est en 1888-1889 que la véritable rencontre avec Gauguin a lieu. C'est la période de l'Ecole de Pont-Aven, un symbolisme fondé sur une simplification des formes liées à la mémoire du motif encore baptisé Synthétisme.

Bretonnes et enfants. Huile sur toile, 1888.


Portrait de ma sœur Madeleine. Huile sur toile, 1888.


Portrait de Mme Schuffenecker. Huile sur toile, 1888.


Le Christ jaune. Huile sur toile, 1889.


Pieta. Huile sur toile, 1890.


Cependant, dès cette année 1890, on voit par quelques toiles, le retour de Bernard à un certain néo-classicisme, notamment dans Cour d'amour avec ses nues ingresques.



En 1891, c'est la rupture avec Gauguin pour diverses raisons : la personnalité dominatrice de Gauguin mais plus encore la conception de l'art en général. C'est de cette période que date, à mon avis, les œuvres les plus personnelles et réussies d'Emile Bernard.


Autoportrait symbolique. Huile sur toile, 1891.




Solitude. Encre de Chine et aquarelle, 1892.




Bretonnes assises sur un mur. Huile sur toile, 1892.




Bretonnes en prière. Huile sur toile, 1892.




Bretonnes aux ombrelles. Huile sur toile, 1892.




Autoportrait en troubadour. Huile sur toile, 1892.




1892 est l'année de la première exposition de la Rose+Croix esthétique. A l'issue de l'exposition, La Rochefoucauld se brouille avec Péladan et arrête le financement du mouvement. Il devient alors le mécène d'Emile Bernard. Grâce à ce soutien, Bernard part en Egypte où il reste 10 ans et se marie. Sa palette s'éclaircit mais s'affadit beaucoup. Sa grande période est passée. Il se survivra encore près de 50 ans.


Deux femmes arabes au bord du Nil. Huile sur toile, 1893.




Autoportrait. Huile sur toile, 1897.




Les musiciens espagnols. Huile sur toile, 1897.




A partir de 1900, la peinture d'Emile Bernard oscille entre un orientalisme désuet et un néoclassicisme qui hésite entre Puvis de Chavannes et William Bouguereau.

Fumeuse de haschich. Huile sur toile, 1900.




Il rentre en France en 1904. Il continue sa carrière jusqu'à sa mort en 1941.


Après le bain. Huile sur toile, 1908.




Danseuse exotique. Huile sur toile, 1915.




Illustration pour l'Odyssée. Xylogravure réhaussée 
à la gouache blanche, vers 1930.


Collection personnelle


Un des artistes les plus étonnants, parmi les invités de l'exposition de 1892 est Jan Toorop.
Jan Toorop, se son vrai nom Jean Theodoor Toorop, est né en 1858 à Poerworedjo sur l'île de Java qui faisait alors partie des Indes Hollandaises. Ses parents s'installent aux Pays-Bas en 1872 et il fait ses études à Delft et à partir de 1880 à Amsterdam. Il vit à Bruxelles entre 1882 et 1886. Il se marie durant cette période. D'un point de vue pictural, il hésite, à cette époque entre Impressionnisme et Pointillisme.


Trio fleuri. Huile sur toile, 1886.




La dame en blanc. Huile sur toile, 1886.




Dame à l'ombrelle. Huile sur toile, 1888.




Broek in Waterland. Huile sur toile, 1889.




Paysage. Huile sur toile, 1889.




A partir de 1890, il évolue petit à petit vers un Symbolisme complexe (et parfois difficile à interpréter) et des formes courbes qui annoncent l'Art Nouveau
Il renonce pratiquement à la peinture à l'huile et travaille avec le pastel, l'encre de chine, les crayons de couleur, qui donnent une plus grande fluidité à ses œuvres.


Photographies de Jan Toorop en 1892.





On a souvent fait remarquer que les formes des corps dans cette période d'activité de Jan Toorop évoquaient les marionnettes javanaises dont il avait vu des représentations durant sa jeunesse. 


Désespoir. Pastel et crayon à papier, 1890.




Aurore. Crayons et pastel, 1892.




Lénore. Huile et crayon sur papier, 1892.




Shakuntala. Crayon sur papier, 1892.




Deux Sylphides. Pastel et crayon, 1893.




Les trois fiancés. Crayons de couleur et craie noire, 1893. 




Fatalité. Encre de chine et pastel, 1893.




Anarchie. Encre et aquarelle, 1894.




Océanide. Pastel et crayon.




Désir et accomplissement. Pastel et encre de Chine, 1894.




Agressivité. Encre et crayon de couleurs, 1898.




Allégorie. Crayon, 1898.




Photographie de Jan Toorop en 1898.




Jan Toorop partage sa vie entre l'Angleterre d'où sa femme est originaire, Bruxelles et les Pays-Bas. En 1900 et en 1902, il participe à deux exposition de la Sécession viennoise. Il se convertit au catholicisme et se fixe définitivement aux Pays-Bas. Il peint des œuvres religieuses toujours avec un parti-pris symbolique. Dans un de ses autoportrait, il se représente comme un véritable prêcheur. 

Autoportrait. Crayon et pastel, 1911.




Durant toute sa carrière, Toorop a beaucoup dessiné de couvertures de livres et d'affiches.


Couverture pour un numéro de 1897 du 
Mercure de France.




Couverture pour une réédition (1916) de Psyché
de Louis Couperus (1863-1923).




Couverture de Een Boek van Verbeelding 
de Louise Ahn-de Jongh, 1893.



Affiche pour l'huile à salade de Delft, 1893.


Affiche pour les assurances-vie Arnhem, 1900.




Jean Toorop est mort à La Haye en 1928.
Le dernier artiste d'une certaine importance à avoir participé au salon de la Rose+Croix esthétique de 1892 est Charles Filiger. 
Charles Filiger est né en 1863. Alsacien et fils de famille aisé, il fait ses études à Paris à partir de 1886. Il expose aux Indépendants puis rejoint Pont-Aven et Le Pouldu où il retrouve Gauguin et Sérusier. A partir des années 1890, La Rochefoucauld le soutient financièrement. Malgré un article élogieux d'Alfred Jarry, Filiger s'isole de plus en plus, conséquence, sans doute de son homosexualité qui en fait le sujet de sarcasmes. 
En 1911, son mécène le lâche. Il meurt en 1928 à Brest d'alcoolisme et d'étheromanie.
Artiste mystique, il recherche les formes épurées qui évoquent souvent. Ses œuvres rappellent souvent les fresques romanes, mais ses recherches sur les couleurs l'amèneront au seuil de l'abstraction.


Tête de jeune breton. Aquarelle, 1896.



Ange gardien avec une guirlande. Gouache, 1892.


Le Jugement Dernier. Gouache.


Sainte Cécile. Gouache.


Apocalypse. Gouache.


La mise au tombeau. Gouache.


Légende de la vie. Gouache, 1905.


Notations chromatiques. Aquarelles, à partir de 1915.








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