mercredi 22 février 2012

L'Art Nouveau à l'américaine : Louis Comfort Tiffany

Louis Comfort Tiffany est un des créateurs de la période Art Nouveau parmi les plus connus. Il est vrai que ce sont ses lampes qui ont fait beaucoup pour sa réputation, alors qu'il craignait le côté industriel de ce type de production. De ce point de vue, il a été servi!
Il nait à New-York en 1848. Il fait se études dans diverses académies militaires et suit des cours de peinture à New-York et à Paris.


Photographie de Louis Comfort Tiffany dans sa jeunesse.


Dès 1865, il s'intéresse au travail du verre. En 1885, il crée sa propre entreprise et invente un procédé permettant de créer des verres opalins. Il est très influencé par le mouvement Arts and Crafts qui intègre tous les artisanats pour donner à l'habitation une harmonie générale.


Vitrail pour la Chatham University de Pittsburgh, 1889.


Education. Université de Yale, 1890.


Education. Détail de la partie centrale.


Education. Détail de la partie gauche.


Education. Détail de la partie droite.


L'Ange de la résurrection, 1904.


La Cité Céleste. Baltimore, église presbytérienne, 1905.



En 1893, Lors de l'Exposition Universelle de Chicago, Tiffany édifie une chapelle qui démontre son savoir faire en matière de vitraux et de mosaïques. Elle sera démontée et des éléments sont actuellement conservés au Hosmer Morse Museum.


Chapelle Tiffany, 1893. Hosmer Morse Museum, 
Winter Park, Floride.









Dès 1881, il est invité par l'écrivain Mark Twain (Samuel Langhorne Clemens, 1835-1910) a redécorer sa maison de Hartford, Connecticut. Il a acquise cette demeure de style néo-gothique victorien, édifiée par l'architecte Edward Tuckman Potter, en 1874.


Extérieur de la maison de Mark Twain.





Intérieur de la maison, L. C. Tiffany, designer.









Suite à des placements financiers hasardeux, Mark Twain et sa famille devront quitter la maison en 1894 pour l'Europe.
En 1882, le président Chester Alan Arthur, nouvellement élu, demande à ce que Tiffany redécore un certain nombre de pièces de la Maison Blanche et notamment, installe des vitraux dans le hall d'entrée.


Photographie de 1882 montrant les vitraux de 
Tiffany à la Maison-Blanche.


Fort de cette expérience de designer, Tiffany ouvre un magasin sur Madison Avenue à New York, qui offre à ses clients, des verreries et des porcelaines.

Photographie du magasin Tiffany and Co. 
de Madison Avenue, 1887.


En 1893, il invente la technique du verre favrile (fait à la main) qui permet d'incorporer des sels métalliques et utilise le verre drapé, c'est à dire coulé en plusieurs couches successives permettant d'obtenir des effets de couleur. Il est très influencé par Emile Gallé dont il a vu les œuvres lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1889.

Divers vases de Tiffany (entre 1900 et 1915).







 
Il est reconnu dans le monde entier et reçoit une médaille d'or lors de l'Exposition Universelle de Paris en 1900. Il est souvent exposé chez Samuel Bing (1838-1905), le grand marchand d'Art Nouveau à Paris.


Photographie de la galerie Bing. Paris, 1900.




Par l'apport de nouvelles techniques, il devient plus libre dans la composition de ses vitraux. Il est alors très influencé par l'art japonais et par la nature.


Vitrail Les Glycines.




Vitrail Magnolias et Iris, 1908.




Vitrail Roses trémières et Glycine.




Vitrail Paysage d'Automne, 1923.




En 1895, il commence la production de lampes en verres colorés qui l'ont rendu célèbres à son corps défendant.


Lampe de table Lis, 1912.



Lampe Vignes, 1902.


Lampe Libellules, vers 1900.



Lampe Glycines.




En tant que designer, il travaille avec un mosaïste d'origine suisse, Jacob Adolphus Holzer (1858-1938). Il interviendra notamment dans la décoration d'un des premiers immeubles de luxe de New-York, The Osborne, en 1883.


Hall d'entrée de l'immeuble Osborne, 1883.




Il exécute aussi les mosaïques de l'Alexander Hall de Princeton (1895) construit entre 1891 et 1894 par William Appleton Potter (1842-1909).


Extérieur de l'Alexander Hall. Princeton, 1891-94.




Scène de l'Alexander Hall. Mosaïques de J. A. Holzer, 1895.




Louis Comfort Tiffany organisait des fêtes somptueuses dans les locaux du magasins, invitant 300 personnes à un bla costumé.
En 1904, la construction de sa maison de Madison Avenue est achevée. Elle compte 57 pièces.




En 1902, sur une galerie surplombant le grand salon, il a fait installé un orgue à transmission électro-pneumatique qui sera encore agrandit en 1907.



La résidence sera détruite en 1936 pour laisser place à un immeuble.
En 1911, il inaugure sa résidence de campagne de Laurelton House qui comptent 67 pièces. Il dépensera des sommes folles durant le reste de sa vie pour décorer somptueusement cette maison.




Un incendie détruira complètement Laurelton House en 1959.


Photographie de Louis Comfort Tiffany, 1908.




Pour ses créations, il utilise aussi des métaux, renouant avec la tradition familiale puisque son père était un des joaillers les plus réputés de New-York. Ce vase tétrapode, daté 1905, en est un bon exemple.




Il reste, cependant et avant tout, un créateur de vitraux, notamment pour de nombreuses églises et ce, jusqu'à la fin de sa carrière.


Vitrail Les Lis.




Vitrail Jésus et Nicodème.



Vitrail Pastorale. Chicago, 1917.



En 1901, commence à Mexico, la construction du Palacio de Bella Artes, qui regroupe un opéra et deux musées, sur des plans d'Adamo Boari. L'ensemble du bâtiment ne sera achevé qu'en 1934.


Palacio de Bella Artes, extérieur. Mexico, 1901-1934.





C'est pour ce bâtiment, qu'on commande à la maison Tiffany, en 1911, une décoration en mosaïque de verre métallisé pour le rideau de fer de la scène. On considère que c'est l'œuvre la plus importante de l'entreprise.


Palacio de Bella Artes. Salle de l'opéra avec
 le rideau de Tiffany.





C'est la maison Tiffany qui réalise aussi la verrière du bâtiment située sous le dôme.




Louis Comfort Tiffany meurt à New-York en 1933.

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