jeudi 23 février 2012

Deux destins parallèles : Théo van Rysselberghe et Henri Edmond Cross

Théo van Rysselberghe est né à Gand en 1862. Henri-Edmond Cross (de son vrai nom Henri Edmond Joseph Delacroix) est né à Douai en 1856. Moins de 100 km sépare les deux villes. Tout deux ont été peintres pointillistes et tout deux, qui étaient amis, sont morts dans le midi de la France, Cross à Sainte-Claire dans le Var en 1910 et van Rysselberghe dans la même ville en 1926.
Théo van Rysselberghe fait ses classes aux Beau-Arts de Gand et participe à sa première exposition en 1881. Il voyage en Espagne et au Maroc en 1882-1883. Il découvre les maîtres espagnols et rencontre Constantin Meunier au Prado. Il va rester plusieurs mois à Tanger pour peindre.

L'Espagnole, Huile sur toile, 1881.


Fantasia arabe. Huile sur toile, 1884.


De retour en Belgique, il se lie d'amitié avec le poète Emile Verhaeren (1855-1916). On ne connaît plus guère Emile Verhaeren mais il faut savoir que c'était un poète parmi les plus célèbres vers 1900. Tous les écrivains et artistes les plus célèbres correspondaient avec lui. 

Photographie d'Emile Verhaeren vers 1905.


L'été, Maurice Maeterlinck, Stefan Zweig, Reiner Maria Rilke et d'autres venaient le voir à la station balnéaire du Coq sur Mer (De Haan). Stefan Zweig écrit un essai admiratif sur lui. Il était aussi un grand ami de la famille royale.

La Station de tramway du Coq sur Mer en 1920.


C'est dans les années 1890 qu'il est au sommet de la réputation avec des recueils comme Toute la Flandre, Les Villes tentaculaires, Les Campagnes hallucinées. Pacifiste au début de la Première Guerre Mondiale, il se met à écrire des textes anti-allemands lorsque la Belgique, pourtant neutre, est durement occupée par les Allemandes (massacre de Dinant en Août 14 où plus de 600 personnes sont passées par les armes). Cet anti-germanisme va ulcérer Stefan Zweig, pourtant profondément pacifiste. Emile Verhaeren meurt en 1916, écrasé par un train en gare de Rouen.
C'est avec Verhaeren, que van Rysselberghe découvre en 1886, les œuvres de Seurat. Il se lie d'amitié aussi avec Signac avec lequel, il partage des convictions anarchistes.
En 1887, il retourne au Maroc. Partant d'une petite touche à l'exemple de Seurat, il va vite évoluer vers une touche plus large, très caractéristique.


Campement devant Mequinez. Huile sur toile, 1888.


Portrait de Alice Sethe. Huile sur toile, 1888.



C'est vers 1890-1900 que Théo van Rysselberghe atteint à la pleine maîtrise de sa technique, notamment dans ses portraits.


Portrait de Mme Charles Mauss. Huile sur toile, 1891.



La construction de ce tableau est à l'évidence, influencée par celle du tableau Arrangement en noir et gris de Whistler.

James Abbott McNeill Whistler. Arrangement en noir et gris
Huile sur toile, 1871.


Portrait de Marguerite van Mons. Huile sur toile, 1891.


Jeune fille en vert. huile sur toile, 1892.




Portrait de Verhaeren dans son cabinet
Huile sur toile, 1892.




Lourds nuages sur le fjord Christiania
Huile sur toile, 1893.




Nuit de pleine lune à Boulogne. Huile sur toile, 1901.




Soleil couchant à Calais. Huile sur toile.




La promenade. Huile sur toile, 1901.




Portrait de Verhaeren. Huile sur toile.




En 1903, Rysselberghe peint son tableau le plus célèbre, Une lecture d'Emile Verhaeren. Le poète est de dos en rouge et attire tous les regards. Face à lui, on remarque Paul Claudel. Derrière debout, Felix Fénéon, l'air renfrogné et un  brin ironique. A droite de Claudel, on reconnaît André Gide, moustachu.




A partir de 1905, les couleurs s'exacerbent et le peintre abandonne petit à petit le néo-impressionnisme. 


Portrait de Maria van Rysselberghe à Jersey.
Huile sur toile, 1907.




En 1910, Van Rysselberghe s'installe dans le Var, à côté de la maison de son ami Henri-Edmond Cross, qui meurt la même année. Il peint de nombreux paysages et des nues en séries au couleurs tellement vives qu'ils confinent à la mièvrerie.


La Méditerranée au Lavandou. Huile sur toile.



L'heure embrasée. Huile sur toile.


Quatre baigneuses. Huile sur toile.


Autoportrait. Crayon, 1916.


Petit à petit, sa peinture décroche totalement de son époque. Il meurt en 1926, pratiquement oublié.
Henri-Edmond Cross est, sans doute, le pointilliste le moins connu alors que son art est de très grande qualité et vaut largement celui d'un Paul Signac.
Fils de quincailler et doué très jeune pour la peinture, il est élève de Carolus-Duran (1837-1917) à Lille. Il commence à peindre dans un style réaliste et expose au Salon de 1881. Ami de Paul Signac et anarchiste comme lui, il n'adopte le pointillisme que vers 1891. 

Autoportrait. Huile sur toile, vers 1880.


Maximilien Luce (1858-1941). Portrait de 
Henri-Edmond CrossHuile sur toile, 1898.


Il s'installe en Provence en 1900 et meurt prématurément à Sainte-Claire dans le Var en 1910.

Brise du soir. Huile sur toile, 1892.


Femme se peignant. Huile sur toile. 1892.


La côte près d'Antibes. Huile sur toile, 1892.


Le retour du pêcheur. Huile sur toile, 1892.


Le nuage rose. Huile sur toile, 1896.


Champs Elysées. Huile sur toile, 1898.


Le Lac du Bois de Boulogne. Huile sur toile, vers 1898.


Cyprès à Cagnes. Huile sur toile, 1900.


Mer agitée. Huile sur toile, 1902.


Ponte San Trovaso. Huile sur toile. Entre 1902 et 1905.


Après-midi à Perdigon, Var. Huile sur toile, 1907.


Rivière à Sainte-Claire. Huile sur toile, 1908.


Baigneuses. Huile sur toile.


Les Excursionnistes. Huile sur toile.


La Ronde. Huile sur toile.


Les îles dorées. Huile sur toile.


Mme Hector France. Huile sur toile.


Une place à l'ombre. Huile sur toile.



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