dimanche 4 décembre 2011

Roi des Belges

L'Europe de la période qui nous occupe est essentiellement gouvernée par des souverains. Hormis la France et la Suisse, il y a peu de républiques.
Un des monarques les plus caractéristiques de l'époque est Leopold II (1835-1909). Il règne sur la Belgique de 1865 à sa mort. Sous son règne, le pays devient une des très grandes puissances mondiales grâce au charbon et à l'acier du Borinage. 
Leopold est un homme maussade souvent caricaturé pour son grand nez. Odieux avec sa famille, sa femme Marie-Henriette d'Autriche finira par vivre totalement séparée de lui à Spa. Il fut vivement critiqué à la fin de sa vie pour ses frasques avec les demi-mondaines.


Répétant sans cesse que la Belgique était un trop petit pays pour lui, il s'associera avec Stanley pour prendre le contrôle du bassin du Congo. Propriétaire à titre personnel de ce territoire immense, qu'il ne visitera jamais, il sera roi du Congo de 1884 à 1908. Le caoutchouc, notamment, le rendra immensément riche. Il n'est pas question d'entrer ici dans la querelle qui oppose toujours ceux qui excusent la politique coloniale de Leopold et ceux qui fustigent les méthodes utilisées. Disons que la colonisation belge, pendant et après Léopold fut une des plus dures et que le pays fut dépouillé de la majorité de ses œuvres d'art. Rappelons toutefois que suite au scandale provoqué par les conclusions d'une commission d'enquête, le roi fut obligé de céder le Congo à la Belgique en 1908 par Donation Royale.
Le roi n'avait aucun goût pour les arts. Sa femme adorant la musique, il lui fit remarquer que "c'était du bruit qui coûtait cher". 
Admirateur du Paris hausmannien, il dirigea la transformation de Bruxelles dans ce sens, ce qui lui valu le surnom de "roi bâtisseur". Son goût le dirigeait vers le néo-classique bien pompeux et bien lourdingue.
Quelques réalisations de son règne restent emblématiques.
Le parc du Cinquantenaire a été entrepris pour fêter en 1880, les cinquante ans d'indépendance de la Belgique. Il faudra attendre cependant 1908 pour que le Palais du Cinquantenaire soit achevé.
Ce Palais du Cinquantenaire est formée d'un arc de triomphe encadré par deux ailes occupées par différents musées.








L'architecte responsable des travaux fut Gédéon Bordiau (1832-1904). Après sa mort, Charles Girault (1851-1932) poursuivit son œuvre. Charles Girault était l'architecte du Petit Palais, construit pour l'Exposition Universelle de 1900 à Paris. 
Très apprécié de Leopold, le roi lui confia la direction de la construction du Musée Royale de l'Afrique Noire situé à Tervuren dans la banlieue de Bruxelles entre 1902 et 1910. L'architecte opta pour un style néoclassique sans imagination rappelant vaguement la facade du Grand Trianon de Versailles. Le parc et le canal qui entoure le bâtiment renforce la ressemblance avec les palais du XVIIIème siècle. L'intérieur, destiné à exposer les trésors dérobés aux populations du Congo est constitué d'une très vaste galerie.





Leopold ne pouvant aller au Congo, il décida que le Congo viendrait à lui. Il confia à l'architecte Charles Balat (1818-1895) la construction d'immenses serres reliées au Château royale de Laeken dans la banlieue de Bruxelles à partir de 1873. Payées avec l'argent du Congo, ces serres restent un des plus beaux témoignages de l'architecture sous Léopold II. L'utilisation du fer, très audacieuse pour l'époque, a permis d'élever la coupole du jardin d'hiver à 30 mètres autorisant ainsi la plantation de palmiers adultes.








Alors que la Belgique devenait un des pays phares de l'Art Nouveau avec des architectes comme Horta ou Hankar, du Symbolisme avec des peintres comme Khnopff ou Delville ou de l'Expressionisme avec Ensor, Léopold a ignoré totalement ces mouvements, restant prisonnier d'une conception archaïque des arts. 

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